Mais pourquoi ce besoin viscéral de se faire mettre dans des cases ? Est-ce de la pure curiosité, ou cela cache-t-il quelque chose de plus profond ?
Que ce soit le très sérieux MBTI au boulot, l’Ennéagramme entre amis, ou le test pour savoir « Quel ingrédient de pizza êtes-vous ? » un dimanche soir pluvieux, on a tous déjà succombé. On adore ça. On remplit des questionnaires de 80 questions avec la même rigueur qu’un examen de fin d’études, tout ça pour obtenir quatre lettres ou un profil psychologique en trois paragraphes.
Sortez vos stylos, on fait le test du test.
1. L’effet Barnum : Le coup de magie de la psycho
Vous lisez le résultat de votre test : « Vous êtes une personne profondément sensible, même si vous cachez parfois vos doutes derrière une apparente assurance. Vous avez besoin du regard des autres mais vous aimez votre indépendance. »
Là, vous écarquillez les yeux, bluffé(e) : « C’est tellement moi ! C’est incroyable ! »
Désolée de briser la magie, mais vous venez de vous faire « Barnumiser ». L’effet Barnum (ou effet Forer), c’est ce biais cognitif qui fait qu’on accepte une description de la personnalité comme s’appliquant spécifiquement à nous, alors qu’elle est tellement vague et générale qu’elle pourrait s’appliquer à n’importe quel être humain ou à un radiateur tiède. On trie inconsciemment les informations pour ne retenir que ce qui nous arrange.
2. Le besoin d’appartenir à une « tribu »
L’être humain est un animal social qui a une sainte horreur de la solitude existentielle. Se faire dire qu’on est « INFJ », « Profil 4 » ou « Bélier ascendant Scorpion », c’est magique : d’un coup, on n’est plus un weirdo bizarre tout seul dans son coin. On fait partie d’une communauté.
Ces tests fonctionnent comme des raccourcis relationnels. C’est beaucoup plus simple de dire à quelqu’un qu’on rencontre : « Attention, je suis hypersensible et introvertie » plutôt que de lui expliquer toute notre histoire thérapeutique en trois volumes. Ça rassure, et ça permet de créer du lien instantanément.
3. La flemme de l’introspection (La réponse clé en main)
Se connaître soi-même, c’est le travail de toute une vie. Ça demande du temps, des plantages, des remises en question et parfois quelques larmes sur le canapé d’un thérapeute.
Le test de personnalité, c’est le Fast-Food de l’introspection. En 10 minutes chrono, un algorithme vous livre un diagnostic complet sur votre fonctionnement, vos forces, vos faiblesses et même le type de partenaire qu’il vous faut. C’est confortable, c’est rapide, et ça donne l’illusion d’avoir pigé le sens de sa vie entre deux stations de métro.
Le mot de la psy
Alors, faut-il brûler les tests de personnalité ? Absolument pas ! Ils sont de formidables outils de démarrage. Ils posent des mots sur des ressentis, ouvrent la discussion et peuvent aider à réaliser qu’on a le droit de fonctionner différemment des autres.
Le seul danger, c’est de transformer la case en prison.
Si vous commencez à justifier tous vos défauts ou à vous interdire des choses en disant : « Ah non mais je ne peux pas faire ça, je suis ENFP, c’est scientifique », vous faites fausse route. Vous êtes un être humain complexe, changeant, vivant, et infiniment plus vaste que quatre lettres sur un écran. Utilisez les tests comme des boussoles, jamais comme des définitions définitives.
Après tout, la seule personne experte de votre personnalité, c’est vous (et peut-être un tout petit peu votre psy quand elle vous cuisine) !
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