bavarde-comme-une-psy Uncategorized La pensée positive toxique : Pourquoi « Quand on veut, on peut » est une phrase dangereuse

La pensée positive toxique : Pourquoi « Quand on veut, on peut » est une phrase dangereuse

C’est le mantra préféré des influenceurs Instagram en vacances à Bali, des coachs en développement personnel un peu trop exaltés et de votre oncle Jean-Pierre au réveillon de Noël. « Quand on veut, on peut ! ». Une petite phrase bien lisse, bien propre, qui tient en cinq mots et qui est censée vous donner envie de soulever des montagnes.

Sauf qu’en réalité, cette phrase ne soulève rien du tout. À part une immense vague de culpabilité.

Sous ses airs de super-pouvoir motivationnel, l’injonction au bonheur et à la réussite absolue cache un piège redoutable : la pensée positive toxique. Sortons les grands verres de réalisme, on va décortiquer pourquoi ce dicton est au mieux une immense maladresse, au pire un vrai danger pour votre santé mentale.

1. La grande illusion du contrôle absolu

La prémisse de cette phrase est simple : si vous échouez, c’est que vous n’avez pas assez voulu. Vous n’avez pas assez manifesté votre succès dans l’univers. Vous n’avez pas fait assez de listes de gratitude le matin à 5h.

C’est une vision du monde merveilleuse… mais totalement déconnectée de la réalité. Elle occulte joyeusement un petit détail qu’on appelle le contexte de vie. Non, la volonté seule ne suffit pas à gommer :

  • Les inégalités socio-économiques.
  • Les discriminations.
  • Les problèmes de santé physique ou mentale.
  • Les coups du sort et le hasard (le fameux facteur « pas de bol »).

Dire à quelqu’un qui traverse une dépression sévère, qui galère à boucler ses fins de mois ou qui fait face à un deuil que « quand on veut, on peut », ce n’est pas de l’encouragement. C’est d’une violence psychologique inouïe.

2. De la motivation à la double peine (Bonjour la culpabilité !)

Imaginez la scène : vous ratez un examen important ou un projet pro sur lequel vous avez bossé des mois. Vous êtes déjà au fond du seau. C’est là que la pensée positive toxique débarque avec ses grands sabots pour vous infliger une double peine.

Non seulement vous vivez un échec (ce qui est normal et fait partie de la vie), mais en plus, on vous glisse à l’oreille que c’est de votre faute parce que votre état d’esprit n’était pas assez « corporate » ou « lumineux ». On passe d’un problème extérieur à une défaillance personnelle. C’est le meilleur moyen de bousiller l’estime de soi d’une personne en deux temps, trois mouvements.

3. Le déni des émotions « sombres » (mais vitales)

La pensée positive toxique fonctionne comme un filtre de stories d’un réseau social : elle veut effacer les imperfections. On vous somme de « positiver », de « voir le verre à moitié plein », de « transformer chaque obstacle en opportunité ».

Le problème ? La colère, la tristesse, la peur et la frustration sont des émotions utiles. Elles ont un message à vous délivrer. Les étouffer sous un tapis de sourires forcés et de citations inspirantes ne les fait pas disparaître ; cela les fait juste infuser en arrière-plan jusqu’à l’explosion (ou le burnout).

Le mot de la psy

Rassurez-vous : avoir des coups de mou, échouer, ou regarder un projet s’effondrer malgré toute la bonne volonté du monde ne fait pas de vous un raté. Ça fait de vous un être humain.

La vraie psychologie ne consiste pas à répéter des mantras magiques devant son miroir en prétendant que tout va bien quand tout s’écroule. Elle consiste à accepter d’être vulnérable, à reconnaître ses limites, et à s’accorder le droit de dire : « Là, c’est dur, je n’y arrive pas, et c’est okay. »

Parfois, on veut de toutes nos forces, mais on ne peut pas. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas un manque de volonté, c’est juste la vie. Alors, on lâche la pression et on s’autorise à être parfaitement imparfait !

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