bavarde-comme-une-psy Uncategorized Ce critique intérieur qui fait des heures supplémentaires gratuites dans votre tête

Ce critique intérieur qui fait des heures supplémentaires gratuites dans votre tête

Soyons honnêtes deux minutes. Si vous aviez un employé, un collègue, ou même un colocataire qui vous suivait du matin au soir pour vous glisser des amabilités du genre : « Franchement, ta coiffure aujourd’hui, c’est audacieux (et pas dans le bon sens) », « Tu as vraiment dit ça en réunion ? Bravo, tout le monde te prend pour un imposteur » ou encore « Laisse tomber ce projet, tu n’as pas les épaules »… vous l’auriez viré. Ou enfermé dehors.

Pourtant, cet individu toxique existe, et il vit en colocation gratuite, juste là, entre vos deux oreilles.

C’est votre critique intérieur. Un bourreau de travail qui ne dort jamais, ne prend pas de RTT, et fait des heures supplémentaires absolument non payées pour saboter vos meilleures initiatives.

Alors, pourquoi est-il aussi motivé ? Et surtout, comment lui faire poser ses RTT (définitivement) ?

Le critique intérieur a un CV impressionnant. Il est expert en scénarios catastrophes, diplômé en culpabilisation de haut niveau et champion toutes catégories du sur-place.

Ce qui est fascinant, c’est son sens du timing. Il est plutôt discret quand vous regardez une série tranquille sous un plaid. Par contre, dès que vous décidez de sortir de votre zone de confort — que ce soit pour lancer votre projet, dire non à une demande abusive, ou simplement exprimer ce que vous pensez vraiment —, il débarque avec son mégaphone.

  • Vous voulez lancer votre site web ? « Oh, le marché est déjà saturé, et puis qui a envie de lire ce que tu écris ? »
  • Vous osez poser une limite ? « Bravo, tu passes pour le méchant de l’histoire, tout le monde va t’en vouloir pendant dix ans. »

Bref, il adore vous maintenir au rôle de choriste, bien sagement assis au fond de la classe, là où rien ne dépasse.

Derrière ses airs de tyran de cour de récréation, votre critique intérieur cache en réalité une trouille bleue. Psychologiquement parlant, il ne s’est pas construit pour vous détruire, mais pour vous protéger. Oui, c’est paradoxal.

Son raisonnement (un peu tordu, on l’accorde) ressemble à ça : « Si je te critique avant les autres, tu ne prendras pas de risques. Si tu ne prends pas de risques, tu ne feras pas d’erreurs. Et si tu ne fais pas d’erreurs, tu ne seras pas rejeté. »

C’est une armure en béton armé. Le problème, c’est qu’à force de vouloir vous protéger des chutes, il vous empêche tout simplement de marcher.

Puisqu’on ne peut pas lui envoyer sa lettre de licenciement par recommandé, il va falloir ruser pour cohabiter plus sereinement.

1. Donnez-lui un prénom (ridicule, de préférence)

Tant que cette voix se confond avec la vôtre, elle a un pouvoir immense. Dès aujourd’hui, séparez-vous d’elle. Donnez-lui un petit nom un peu désuet ou ridicule : « Gisèle », « Jean-Jacques », « Le Rabat-joie ». La prochaine fois que vous entendrez « Tu vas te planter », vous pourrez simplement vous dire : « Ah, tiens, voilà Jean-Jacques qui fait encore du zèle ». Tout de suite, ça impose une distance salutaire.

2. Demandez-lui ses preuves

Le critique intérieur adore les généralités absolues : « Tu rates TOUJOURS tout », « Tu n’es JAMAIS à la hauteur ». Traitez-le comme un avocat au tribunal : demandez-lui des preuves factuelles. « Ah bon, Jean-Jacques ? Je rate toujours tout ? Vraiment ? Donne-moi la liste exacte pour voir. » Vous verrez que face aux faits, il bégaye très rapidement.

3. Remerciez-le pour son avis (et passez à autre chose)

N’essayez pas de lutter frontalement, cela ne fait que lui donner de l’énergie. Utilisez la technique du judo mental. Quand il commence à s’agiter, dites-lui mentalement : « Merci pour ton intervention, je vois bien que tu as peur pour moi, c’est gentil. Mais là, c’est moi qui pilote. Installe-toi à l’arrière et attache ta ceinture ».


Faire taire complètement le bruit de fond demande un peu d’entraînement. L’objectif n’est pas de devenir arrogant, mais d’apprendre à devenir son meilleur allié plutôt que son pire bourreau. Vous avez le droit de vous tromper, de chanter faux, de tester des choses, et de rater parfois. C’est juste le signe que vous êtes vivant et en mouvement.

Si vous sentez que votre critique intérieur a pris le contrôle total des commandes et que vous saturez, c’est peut-être le moment de vous offrir un espace pour faire le tri.

Le petit mot de la Pie : Dans notre cabinet virtuel, on est très doués pour débusquer les faux coupables et calmer les esprits en surchauffe. Si vous voulez qu’on mette ensemble Jean-Jacques au chômage technique, ajustez votre écran et installez-vous confortablement. On dégage l’horizon à votre rythme, juste ici.


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