bavarde-comme-une-psy Uncategorized Pourquoi essayer de « supprimer » l’angoisse la renforce.?

Pourquoi essayer de « supprimer » l’angoisse la renforce.?

Essayer de « supprimer » l’angoisse est un réflexe humain compréhensible, mais psychologiquement paradoxal. Voici pourquoi cette tentative finit, bien souvent, par renforcer le mécanisme que vous cherchez à éteindre.

Le paradoxe du « ne pense pas à l’ours polaire »

En psychologie, on utilise souvent l’expérience de « l’ours polaire » pour illustrer ce phénomène : si on vous demande de ne surtout pas penser à un ours polaire, votre cerveau va passer tout son temps à vérifier si vous y pensez, ce qui a pour résultat immédiat de faire apparaître l’ours dans votre esprit.

C’est exactement ce qui se passe avec l’angoisse :

  • L’hyper-vigilance : En voulant supprimer l’angoisse, vous passez votre temps à surveiller votre état intérieur pour vérifier si elle est toujours là.
  • La focalisation : Cette surveillance constante maintient votre attention braquée sur l’angoisse, ce qui envoie le signal à votre cerveau qu’elle est un danger majeur et omniprésent.
  • L’amplification : Plus vous luttez contre elle, plus vous lui donnez de l’importance, ce qui valide l’idée que cette émotion est dangereuse, renforçant ainsi la boucle de l’anxiété.

La lutte comme « carburant » émotionnel

La tentative de suppression agit comme un carburant pour le système nerveux :

  • La résistance physique : Lutter contre une émotion crée une tension physique supplémentaire qui vient s’ajouter à l’angoisse initiale, rendant le corps encore plus inconfortable.
  • La honte de l’émotion : Chercher à supprimer une émotion envoie le message que vous « ne devriez pas » ressentir cela. Cette culpabilité ou cette honte génère une angoisse secondaire : l’angoisse d’être angoissée.
  • L’épuisement : La lutte contre nos propres pensées est extrêmement coûteuse en énergie mentale. Cet épuisement diminue vos ressources pour gérer le quotidien, ce qui vous rend plus vulnérable au stress.

Vers une approche différente : l’acceptation radicale

Plutôt que de chercher à supprimer, l’approche thérapeutique propose souvent l’acceptation, qui n’est pas une résignation, mais un changement de posture :

  • L’observation neutre : Traiter l’angoisse comme une météo intérieure passagère plutôt que comme une menace vitale.
  • La défusion : Apprendre à dire « je ressens de l’angoisse » plutôt que « je suis angoissée », ce qui crée une distance entre vous et l’émotion.
  • Laisser passer : En arrêtant de combattre le nuage, on lui permet de suivre son cours naturellement, sans s’attacher à lui.

En résumé : L’angoisse est une énergie qui cherche à s’écouler. La combattre, c’est construire un barrage : la pression ne fait qu’augmenter jusqu’à la rupture. L’accueillir, c’est ouvrir les vannes pour permettre à l’émotion de traverser votre système et de se dissiper d’elle-même.


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